Expositions

Fondation Van Gogh, du moderne au contemporain.

Fondation V. VG

Peut-être que, par une chaude journée d’été, vous aurez envie d’aller vous balader du côté d’Arles. Mais quelle bonne idée que voilà, les choses à voir n’y manquent pas, entre les Arènes antiques et la cathédrale Saint-Trophimes (chef-d’oeuvre de l’art roman provencal, soit dit en passant). Mais aujourd’hui, c’est des expositions Couleurs du Nord, Couleurs du Sud et  VAN GOGH LIVE ! à la toute nouvelle Fondation Van Gogh de la ville que je vais vous parler.

Vous ne pouvez pas la rater, la Fondation Van Gogh. Un immense portail où figure la signature agrandie du peintre nous accueille, et nous invite à entrer. VINCENT. On le connait tous, Vincent. Vincent le fada, celui qui s’est coupé l’oreille, qui s’est suicidé dans une ultime crise…

L’exposition Couleurs du Nord, Couleurs du Sud nous fait suivre le peintre dans son parcours artistique et ses évolutions.

La première salle, aux murs d’un gris sombre, nous narre les débuts de sa carrière, qu’il commence dans son pays natal, les Pays-Bas. Vous pouvez admirer, face à Van Gogh, les toiles de Courbet, Breton, Rousseau, Corot ou encore Daubigny… L’influence des réalistes français et des peintres de l’école de Barbizon se fait sentir dans les couleurs de ses toiles, sombres et sans éclat.

On avance dans l’expo, mais dans le temps également. Nous sommes désormais en 1883, et Van Gogh découvre les théories de la couleur. Il est particulièrement touché par celles d’Eugène Delacroix, qu’il adore, ce qui le pousse à appliquer ses méthodes. Il apprend donc les contrastes complémentaires des couleurs. Pour autant, ses toiles restent encore assez ternes.

Grammaire des arts décoratifs, de Charles BLANC

1886, Vincent s’installe à Paris. Il découvre une multitude d’artistes, anciens comme modernes. Il peut étudier autant qu’il veut les toiles de Delacroix et leurs couleurs, puis se pencher sur celles des impressionnistes. Les murs de la salle, tout comme la palette chromatique du peintre, s’éclaircissent au fur et à mesure de l’expo. Du violet « lavande » pour Van Gogh, du vert pour Monet.

Photo de Clément TROUCHE.

Claude MONET, Champs de tulipes et moulins près de Rijnsburg, 1886. Huile sur toile. 66 x 81,5 cm

A Paris, la mode est alors au Japon, et le peintre découvre les estampes nippones, hautes en couleurs. Il commence une collection et s’en inspire beaucoup, cela s’en ressent dans sa palette. On peut admirer quelques-unes de ces gravures japonaises, et faire la comparaison. Il a cependant une vision idéalisée du pays, dont il va chercher l’équivalent dans ses voyages.

Il va le trouver à Arles, où il s’installera en 1888. La lumière de la Provence le fascine, et ses paysages lui rappellent ce Japon fantasmé. Enfin, sa palette chromatique explose et se pare des tons vifs et durs qu’on lui connait. A Arles, son art s’épanouit pleinement, autant dans la qualité que dans la quantité comme le témoignent près de 200 tableaux, 100 dessins et aquarelles et 200 lettres ! A la Fondation, il n’y en a qu’une poignée, mais c’est suffisant pour être éblouis. Il utilise et mélange toutes ses multiples inspirations: Delacroix, les artistes japonais, les impressionnistes, mais aussi ses amis Gaughin et Bernard avec qui il entretient une correspondance.

Vincent VAN GOGH, Le Zouave, 1888? Huile sur toile 65 X 54 cm

Vincent VAN GOGH, Le Zouave, 1888. Huile sur toile 65 X 54 cm

Les toiles arlésiennes sont lumineuses, comme la ville et témoignent de la conception de l’art de Van Gogh, convaincu qu’une palette aux teintes vives forme la base de l’art moderne. C’est par cette obsession de la couleur qu’il deviendra une des plus marquantes figures de l’art moderne.

VAN GOGH LIVE ! est le prolongement de cette exposition et montre le rayonnement de Van Gogh dans la production artistique, encore aujourd’hui.

Ce sont plusieurs artistes contemporains, dont les œuvres font toutes références, plus ou moins explicites à Van Gogh. Thomas Hirschhorn, Elizabeth Peyton, Raphael Hefti, Gary Hume, Bertrand Lavier, Camille Henrot, Bethan Huws, Guillaume Bruère, Fritz Hauser…. Certains m’ont plus marquée que d’autres, mais ça, c’est évidemment subjectif !

Bethan Huws

Bethan HUWS

Par exemple, ces néons qui nous disent en majuscule « les artistes interprètent le monde, ensuite nous interprétons les artistes ». J’ai trouvé ça plutôt pertinent. Le genre de phrase qui incite à la réflexion… Et si Van Gogh était devenu une sorte de mythe, dont nous surinterprétons l’oeuvre, à outrance ? (Vous avez 4h.)

Une salle au fond attire l’attention, c’est celle de GIOM, soit Guillaume Bruère. Des portraits, aux lignes tremblantes, torturées, et aux couleurs vives, caractéristiques du pastel gras. Les dessins sont le plus souvent réalisés devant l’original, au musée. Une télé nous montre une performance de l’artiste réalisée pendant l’été 2013, on le voit dessiner sur le vif un portrait d’arlésienne, dans des mouvements rapides et brusques, sur une musique hip-hop… La même frénésie habitait sans doute Van Gogh. Le mélange entre le modèle, classique, qu’on peut trouver au Louvre et son traitement est saisissant. Comme un air de Francis Bacon parfois.

GIOM

GIOM

La plus spectaculaire, c’est sans doute l’oeuvre de Thomas Hirschhorn. Entre fascination et malaise. On entre alors dans un temple entièrement tourné vers l’image de Van Gogh, qui passe par un rassemblement impressionnant d’objets issus de la culture de masse et de la consommation. Parallèlement, c’est dans la tête du peintre fou qu’on semble entrer. La profusion de détails est hallucinante. Les photos ne donnent qu’un faible aperçu…

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Peintures, installations, ikebana… l’exposition se poursuit, sans être homogène et c’est plutôt cool. Que dire de plus… Allez-y, ça vaut le détour, le lieu comme les expos et les œuvres présentées sont magnifiques. La réflexion sur l’artiste est très intéressante, l’accent est mis sur l’oeuvre et non sur l’homme et son instabilité.

Et en plus, comme récompense, vous pouvez accéder aux terrasses, avec vue imprenable sur les toits de la ville !

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BREF. C’est à la Fondation Vincent Van Gogh d’Arles, c’est jusqu’au 31 Août 2014, et c’est gratuit pour les étudiants en histoire de l’art ! (Bon plan ta vu.)

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(Sauf mention contraire, toutes les photos de l’article ont été prises par mes petites mains lors de ma visite.)

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3 réflexions sur “Fondation Van Gogh, du moderne au contemporain.

  1. Bon résumé :)
    J’ai beaucoup aimé la visite de la fondation. En revanche, pas du tout sensible aux dessins de GIOM. Et très amusée par cette salle complètement folle faite de tous ces symboles de l’artiste. Très étrange mais intéressant !

    Bises,
    Julie

    J'aime

  2. Pingback: L’AGENDA #1 | Les chroniques de l'art.

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